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Semaine Sainte 2026 en Alsace: au départ de Riquewihr, mon itinéraire secret autour des traditions d’Alsace et des chefs d’œuvre d’art sacré liés à Pâques.

Qu’est-ce que la Semaine Sainte ?

La Semaine Sainte est le cœur battant de la tradition chrétienne, une traversée de sept jours qui mène du dimanche des Rameaux à la Résurrection de Pâques. En Alsace, ce temps suspendu est bien plus qu’une célébration religieuse : c’est un voyage à travers des rites séculaires, où chaque jour possède sa propre couleur, son propre silence et ses propres symboles.

Du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques, nous vous invitons à suivre un itinéraire singulier au départ de Riquewihr. Entre ferveur populaire, trésors artistiques mondiaux et contemplation au cœur du vignoble, découvrez une Alsace intime et authentique, loin de l’effervescence touristique habituelle. Une immersion pour redécouvrir le sens du temps, de la mémoire et des traditions.

Suivez-moi pour une Semaine Sainte 2026 unique. Entre traditions d’Alsace et merveilles de l’art sacré, vivez un voyage intérieur de Riquewihr à Freiburg en passant par Kaysersberg, Colmar et Strasbourg.

Lever de soleil sur le vignoble du Schoenenbourg à Riquewihr le matin de Pâques, silhouettes de pèlerins en contre-jour.
L’aube de la Résurrection sur le coteau du Schoenenbourg. Pèlerins et vignes se découpent en ombres chinoises face au premier soleil de Pâques sur la plaine d’Alsace.

Oubliez les sentiers battus. En Alsace, la Semaine Sainte, le temps qui précède Pâques, ne se résume pas aux marchés de printemps ; c’est une plongée dans une Europe mystique et profonde.

En 2025, j’ai vécu pour vous cette semaine unique, mêlant ferveur ancestrale, chefs-d’œuvre de l’art mondial et paysages de vignoble.

En 2026, devenez l’acteur de ce voyage intérieur, avec Riquewihr comme lieu de séjour exceptionnel.

Votre camp de base dans un gîte d’exception, pour rayonner facilement dans toute l’Alsace.

Jean-Paul Krebs
Votre hôte aux Remparts de Riquewihr

Portrait de Jean-Paul Krebs, journaliste de formation et créateur des gîtes Les Remparts de Riquewihr, chasseur d'images en Alsace.
Plus qu’un hôte aux Remparts de Riquewihr, journaliste de formation, je suis un chasseur d’images et d’expériences. Passionné par l’histoire de Riquewihr, de l’Alsace et de la vallée du Rhin, je partage avec vous mes secrets pour une immersion totale. Suivez-moi sur les réseaux!

Je parcours l’Alsace depuis des années pour en débusquer les récits les plus secrets. Cet itinéraire de la Semaine Sainte n’est pas une compilation d’office de tourisme : c’est le récit de mes propres cheminements en 2025.

De la ferveur du dimanche des Rameaux à Ammerschwihr au lever de soleil sur le vignoble du Schoenenbourg le jour de Pâques, je vous livre ici mes expériences pour une semaine inoubliable en immersion authentique.

Osterlammele ou Lamala : biscuit traditionnel alsacien en forme d'agneau pascal saupoudré de sucre glace.
Osterlammele, Oschterlammele, Oschtalamala… ou plus simplement Lammele (ou « lamala » dans le Haut-Rhin). Ce mot alsacien signifie « petit agneau de Pâques ». Une pâtisserie traditionnelle offerte au matin de Pâques, symbole de douceur et de partage, chez nous, aux gîtes des Remparts de Riquewihr.

Votre itinéraire de la Semaine Sainte au jour le jour…

  • Dimanche des Rameaux, 29 mars 2026 | procession du PalmEsel à Ammerschwihr
  • Lundi Saint | Face au Retable d’Issenheim à Colmar
  • Mardi de la Passion | Cheminement sur le Sentier de Saint-Jacques de Compostelle
  • Mercredi Saint | Strasbourg : La Passion dans le grès rose et les vitraux de la cathédrale
  • Jeudi Saint | Saveurs printanières et traditions du Jeudi Vert en Alsace
  • Vendredi Saint | Le Temps du Silence : Crécelles à Kientzheim et Chemin de Croix à Notre-Dame de Dusenbach
  • Samedi Saint | Fribourg-en-Brisgau: trésors de Pâques en Forêt-Noire
  • Dimanche de Pâques – 5 avril 2026 | Résurrection et Lever de Soleil sur le coteau du Schoenenbourg à Riquewihr

Dimanche des Rameaux, 29 mars 2026 |
La Procession du PalmEsel à Ammerschwihr

Le Dimanche des Rameaux : L’entrée dans la Semaine sainte

Tout commence par une entrée triomphale. Le Dimanche des Rameaux célèbre l’arrivée de Jésus à Jérusalem, accueilli par une foule agitant des branches de palmier en signe de fête. En Alsace, cette tradition s’est adaptée à notre terroir : les palmes sont devenues des buis ou des branches de sapin, bénis lors de processions colorées dans nos villages. Ces processions ont malheureusement disparu. Sauf à Ammerschwihr, à quelques kilomètres de Riquewihr.
Participer à la procession du PalmEsel, le dimanche des Rameaux à Ammerschwihr, c’est renouer avec une ferveur simple, où le vert du buis symbolise l’espérance et le renouveau du printemps au cœur de nos églises.

Le « PalmEsel », l’Âne des Rameaux: quand l’histoire défile dans les rues…

Au Moyen Âge, la liturgie sortait des églises pour investir la cité. Le Dimanche des Rameaux, on ne se contentait pas de bénir du buis : une statue du Christ sur son âne, montée sur roulettes, traversait les villages en procession. Cette tradition du PalmEsel permettait de revivre l’entrée de Jésus à Jérusalem de manière tactile et vivante. Si la plupart ont disparu à la Réforme ou sous les critiques de l’Église au XVIIIe siècle, l’Alsace en conserve quelques spécimens rares, véritables trésors d’art polychrome qui ont survécu aux tourmentes de l’Histoire.

Christ des Rameaux Musée de Kaysersberg
Ce magnifique Christ des Rameaux du XVe siècle se trouve au Musée de Kaysersberg (qui n’est malheureusement ouvert qu’en été).

Votre camp de base pour visiter toute l’Alsace: les Gîtes des Remparts de Riquewihr.

Mon reportage vidéo de la procession du PalmEsel 

Le PalmEsel d'Ammerschwihr, dernier exemplaire d'Âne des Rameaux d'Alsace encore utilisé pour les traditions de la Semaine Sainte, contrairement aux modèles exposés au musée Unterlinden.
Chef-d’œuvre du XVe siècle, le PalmEsel d’Ammerschwihr est un cas unique en Alsace. Alors que ses rares cousins se reposent désormais dans les musées (Unterlinden à Colmar, Œuvre Notre-Dame à Strasbourg et Augustinermuseum de Fribourg), ce fier ‘âne des Rameaux’ reste le seul encore ‘en service’ dans sa communauté. Une pièce d’exception inventoriée aux Monuments Historiques, qui continue de porter l’âme des traditions pascales au cœur du vignoble.

Voir le PalmEsel (l’Âne des Rameaux en Alsacien) dans le silence de l’église Saint-Martin d’Ammerschwihr est déjà une émotion ; le voir traverser le village lors de la procession, entouré de centaines de fidèles est une expérience rare. Pour vivre ce moment hors du temps, regardez ma vidéo et consultez mon ‘carnet de route’…

Suivez le guide et vivez la procession des Rameaux !

  • Le rendez-vous : Les fidèles se retrouveront le dimanche 29 mars 2026 à 10 heures sur la petite place de la Porte Haute d’Ammerschwihr (direction Labaroche-Trois Épis) pour la bénédiction des rameaux et la lecture de l’Évangile rappelant l’entrée de Jésus à Jérusalem selon les saintes écritures. L’âne de bois retrouve la lumière du jour pour l’occasion.
  • La procession : Suivez le cortège qui escorte le Christ à l’âne, en musique, à travers les rues du village jusqu’à l’église Saint-Martin.
  • Le point d’orgue : La procession se termine par la messe solennelle des Rameaux.
  • Infos pratiques : La cérémonie commence généralement vers 10h00 (horaire à confirmer chaque année selon le bulletin paroissial, n’hésitez pas à me le demander lors de votre séjour aux Remparts de Riquewihr).
  • Mon conseil: venez avec de l’avance. Vous pourrez ainsi voir le PalmEsel de près et échanger avec les habitants d’Ammerschwihr qui préparent la cérémonie.

Lundi de la Passion | Face au retable d’Issenheim

Après le dimanche des Rameaux, notre immersion au cœur de la Semaine Sainte continue dans l’écrin médiéval de Colmar. Pour cette deuxième étape, nous quittons l’agitation du monde moderne pour franchir le seuil de l’ancien couvent des Dominicaines. C’est ici, dans le silence du Musée Unterlinden, que se cache le cœur battant de la spiritualité rhénane. Une journée de contemplation pure, face à la splendeur et à la puissance émotionnelle du Retable d’Issenheim.

Retable d’Issenheim:
Un chef-d’œuvre né de la foi

Le retable d’Issenheim a été peint entre 1512 et 1516 par Matthias Grünewald. Les sculptures sont de Nicolas de Haguenau. Ce polyptyque monumental provient du monastère des Antonins d’Issenheim, un village près de Guebwiller. À l’époque, les moines de l’ordre de Saint-Antoine étaient célèbres pour soigner le « mal des ardents », une terrible intoxication liée à l’ergot de seigle. C’est pour ce cadre hospitalier que cette œuvre unique au monde a été conçue, avant de rejoindre Colmar à la Révolution.

Retable d'Issenheim, musée Unterlinden, Colmar
Retable d’Issenheim, musée Unterlinden, Colmar. Le retable est réalisé entre 1512 et 1516 pour la commanderie des Antonins d’Issenheim. Les tableaux peints sont l’œuvre de Mathias Grünewald. Le retable d’Issenheim comporte des scènes d’une grande intensité dramatique. Il est la pièce maîtresse du musée Unterlinden qui lui doit sa renommée internationale. On en voit ici la partie la plus connue du Christ en croix.

Votre camp de base aux Gîtes des Remparts de Riquewihr.

Attention au jour de la semaine pour votre visite au musée Unterlinden de Colmar !

Un détail d’importance pour votre organisation: le Musée Unterlinden observe sa fermeture hebdomadaire le mardi. C’est pourquoi nous avons placé cette étape colmarienne le Lundi Saint.

Un remède pour guérir les âmes…

Le retable est une œuvre à volets mobiles qui s’ouvrait selon le calendrier liturgique. Il montre la Crucifixion la plus poignante de l’histoire de l’art, mais aussi l’Incarnation et la Résurrection. Il n’était pas là pour décorer, mais pour soigner : les malades étaient placés devant l’image du Christ souffrant pour comprendre que Dieu partageait leur douleur, avant de contempler la Résurrection comme une promesse de guérison et de lumière.

Résurrection, Retable d'Issenheim, Colmar
Résurrection du Christ, Retable d’Issenheim par Mathias Grünewald (achevé en 1515). Musée Unterlinden de Colmar, France. Pour comprendre la signification des traditions alsaciennes du Lamala et du Lièvre de Pâques, il est nécessaire de faire un petit rappel d’Histoire. Pâques, pour les Chrétiens, c’est la commémoration de la Résurrection de Jésus Christ.

Se rendre à Colmar depuis nos gîtes des Remparts de Riquewihr

Pour cette immersion colmarienne, plusieurs options s’offrent à vous au départ de nos gîtes :

En voiture (L’option la plus souple) : Comptez environ 20 minutes de trajet. Nous vous conseillons de viser le Parking Lacarre. C’est le point de chute idéal : spacieux et situé à l’entrée du centre historique, il ne vous faudra que 5 minutes à pied pour rejoindre les premières rues piétonnes et le Musée Unterlinden.

En bus (L’option sérénité) : Si vous préférez laisser la voiture au repos, la ligne de bus (68R016) relie régulièrement Riquewihr à la gare de Colmar.

Les Secrets du Guide : Comment comprendre le retable d’Issenheim?

  • Ne manquez pas les détails de la Résurrection, où Grünewald utilise des couleurs presque « électriques », d’une modernité stupéfiante pour le XVIe siècle. Le musée propose des audioguides excellents.
  • Prenez le temps de contourner l’œuvre pour observer les trois configurations des différents volets.
  • Avec avoir fait le tour de l’œuvre en écoutant les commentaires de l’audioguide, je vous suggère de vous asseoir sur l’un des bancs devant le retable, d’éteindre la machine et de vous laisser aller à une longue observation silencieuse de cette œuvre incroyable qui regorge de détails stupéfiants.
    Dans la nef de cette ancienne chapelle, vous vivrez l’une des expériences les plus fortes de cette Semaine Sainte.
  • Le musée abrite une collection exceptionnelle de peintures médiévales qui, telles une bande dessinée sacrée, racontent les épisodes de la Passion avec une finesse bouleversante. En parcourant les salles qui précèdent le retable d’Issenheim, vous verrez comment les artistes du XVe et XVIe siècles utilisaient la couleur et la symbolique pour toucher le cœur des fidèles. C’est une véritable immersion dans la psychologie de l’époque.
Retable des Dominicains, Enfance et Passion du Christ. Colmar musée Unterlinden.
Retable des Dominicains, Enfance et Passion du Christ peint par Martin Schongauer et son équipe à la fin du XVe siècle. Le retable ouvert présente la Passion du Christ en 16 scènes. On en voit 4 ici: Arrestation du Christ (en haut, à gauche), Portement de croix (en bas, à gauche); Descente de croix (en haut à droite), le Christ ressuscité rencontre Marie-Madeleine (en bas à droite). La partie centrale du retable est manquante (probablement le Christ en croix). On pourrait comparer ce retable à un livre d’images géant et coloré. Vous pouvez l’admirer toute l’année à Colmar, au musée Unterlinden.

Attention au jour de la semaine pour votre visite au musée Unterlinden de Colmar !

Mardi de la Passion | Randonnée & Méditation sur le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle entre Riquewihr et Kaysersberg

Après l’intensité artistique de Colmar, le Mardi Saint nous offre le souffle du grand air sur les sentiers de Compostelle…

Dès le XIe siècle, le pèlerinage vers le « Champ de l’Étoile » (Compostelle) s’impose comme l’un des trois piliers de la foi chrétienne, avec Rome et Jérusalem. Mais au-delà de la démarche spirituelle, le chemin de Saint-Jacques fut le premier grand réseau de communication européen. Pour l’homme médiéval, s’engager sur le Jakobsweg alsacien, c’était rejoindre une véritable « nation en marche » où se croisaient marchands, soldats, clercs et simples paysans.

Le Chemin des Etoiles : L’Alsace, au carrefour des itinéraires de l’Europe des pèlerinages.

Riquewihr début avril, à la période de Pâques…
Riquewihr début avril, à la période de Pâques…

Les pèlerins venus du Saint-Empire romain germanique et de Scandinavie convergeaient vers nos cités fortifiées. Franchir les portes de Riquewihr ou de Kaysersberg n’était pas seulement une étape de repos : c’était se mettre à l’abri. À l’époque, le chemin était parsemé d’hospices et de chapelles — dont beaucoup ont malheureusement disparu à la Réforme ou lors des guerres — tenus par des ordres hospitaliers qui offraient « le pain, le sel et le toit » à ceux qui portaient la bourdon (le bâton) et la pèlerine.

Votre camp de base aux Gîtes des Remparts de Riquewihr.

Marcher aujourd’hui, entre vignes et clochers…

Marcher aujourd’hui entre les rangs de vignes, c’est poser ses pas dans les empreintes de ces milliers d’anonymes qui, au cours des siècles, ont façonné l’identité de nos paysages. Chaque colline franchie et chaque clocher aperçu au loin étaient, pour eux comme pour nous, une victoire sur la fatigue et une invitation au recueillement.

Retable de la Passion dans l'église Sainte-Croix de Kaysersberg.
L’arrivée à Kaysersberg est une récompense pour les jambes et pour l’esprit. L’église consacrée à l’Invention de la Sainte-Croix, avec son portail roman sculpté, abrite un trésor : le retable monumental de Hans Bongart (1518). En cette Semaine Sainte, contempler ce chef-d’œuvre de sculpture sur bois polychrome, illustrant la Passion, est une expérience d’une rare intensité. C’est ici que l’art médiéval atteint son paroxysme.

Riquewihr occupe une position centrale, à mi-chemin entre le sanctuaire de Notre-Dame de Dusenbach (5 km au Nord) et la majestueuse église de l’Invention de la Sainte-Croix à Kaysersberg (6 km au Sud). Une étape stratégique pour le marcheur d’hier comme pour le voyageur d’aujourd’hui.

Carnet de route : Riquewihr — Kaysersberg sur le Chemin de Saint-Jacques

  • Le parcours : Environ 2h00 de marche (6 km). Un itinéraire vallonné mais accessible, offrant des vues spectaculaires sur la plaine d’Alsace.
  • Le retour facilité : Pour regagner votre gîte de la rue des Cordiers à Riquewihr, plusieurs options s’offrent à vous. Le bus (Ligne 68R013) assure la liaison via Colmar, mais pour une flexibilité totale, un Uber ou un taxi local vous ramènera en un quart d’heure.
  • Mon conseil personnel : Partez en début de matinée (9 heures) pour arriver à Kaysersberg suffisamment tôt pour visiter l’église avant l’heure du déjeuner. Pour le marcheur qui arrive de Riquewihr par le chemin qui traverse les vignobles en terrasse, l’église se trouve immédiatement à l’entrée du village.
  • Conseils pratiques : le pèlerin avisé porte des chaussures adéquates à la marche, est muni d’un chapeau, d’une gourde et… d’une pèlerine bien sûr!

Mercredi Saint | Strasbourg, la lumière des vitraux de la cathédrale et la force des chefs d’œuvres des musées des Beaux-Arts et de l’Œuvre Notre-Dame

À mi-chemin de cette Semaine Sainte, nous quittons le vignoble pour rejoindre la ‘Capitale de l’Alsace’. Strasbourg, ville d’eau et de pierre, se dévoile ici sous son angle le plus spirituel. Entre le grès rose de sa cathédrale et les trésors de ses musées, cette journée est une ode à la lumière et au génie des bâtisseurs médiévaux.

Les vitraux de la Cathédrale de Strasbourg: une Bible de Verre éclatante.

La Cathédrale de Strasbourg est un écrin de lumière. Pour cette Semaine Sainte, nous allons nous concentrer sur les magnifiques vitraux du XVe siècle qui illustrent le côté sud de la nef. Dans la pénombre de la nef, les verrières racontent la Passion avec une intensité chromatique exceptionnelle. Le détail des visages et la profondeur des bleus et des rouges médiévaux sont d’un réalisme et d’une richesse inouïe.

Vue d'ensemble d'un vitrail médiéval de la cathédrale de Strasbourg illustrant les scènes de la Passion du Christ.
C’est une véritable « Bible de verre » : le cycle de la Passion se déchiffre ici de gauche à droite et de bas en haut. Pour en saisir chaque expression, une paire de jumelles est bien utile.
Gros plan sur un panneau de vitrail représentant Jésus en prière au Mont des Oliviers, entouré de ses disciples endormis.
Jésus en prière au Mont des Oliviers, entouré de ses disciples endormis. L’Agonie au Jardin des Oliviers : une scène d’une émotion poignante où la lumière du verre semble donner vie au recueillement du Christ.

Votre camp de base aux Gîtes des Remparts de Riquewihr.

Le Musée de l’Œuvre Notre-Dame (Les collections d’art)

Situé au pied de la Cathédrale dans un ensemble de maisons des XIVe et XVIe siècles, ce musée est l’un des plus beaux d’Europe dédié à l’art médiéval. Le musée abrite les originaux des sculptures de la façade de la cathédrale (mises à l’abri pour les protéger de la pollution et de l’érosion). Ne manquez pas la salle des vitraux romans (dont le fameux Christ de Wissembourg). La mise en lumière y est telle que les verres semblent brûler d’un feu intérieur, un moment de pure magie visuelle.

Le Christ de Wissembourg, plus ancien vitrail figuratif conservé (v. 1060), représentant le visage du Christ de face.
Le Christ de Wissembourg (vers 1060). Ce regard millénaire est le plus ancien vitrail figuratif intact au monde. Un trésor d’une intensité rare.
Détail d'un minuscule retable sculpté en ivoire représentant la scène de la Crucifixion au centre, entourée de personnages bibliques.
La Passion dans le creux de la main. Objet de dévotion privée du Moyen Âge, ce petit retable en ivoire sculpté présente une scène centrale de la Crucifixion d’une finesse inouïe. Les détails des drapés et des expressions sont quasiment invisibles à l’œil nu.

Se rendre de la région de Riquewihr à Strasbourg : Préférez le train !

L’option Train (La plus directe) : Prenez le TER depuis la gare de Sélestat (plus facile pour le stationnement que Colmar, parking gratuit). Le trajet dure environ 20 minutes et vous dépose au cœur de la ville. De la gare, une marche de 15 minutes à travers le centre-ville pittoresque vous mènera jusqu’à la Cathédrale.

Une escale au Palais Rohan: Le Musée des Beaux-Arts

À peine quelques pas séparent la cathédrale, le Musée de l’Œuvre Notre-Dame du Palais Rohan, qui abrite le Musée des Beaux-Arts. Si l’Œuvre Notre-Dame se concentre sur l’art rhénan et les sculptures de la cathédrale, le Musée des Beaux-Arts élargit l’horizon vers l’Europe entière, offrant une perspective fascinante sur la manière dont les grands maîtres ont interprété la Passion. En un seul après-midi, vous passerez de la rigueur gothique rhénane (Musée de l’Œuvre) à la majesté de la Renaissance italienne et du Baroque flamand.

  • Horaires d’ouverture prévus pour la Cathédrale de Strasbourg pour votre visite du Mercredi Saint (1er avril 2026):
    Matin : 08h30 – 11h15. Après-midi : 12h45 – 17h45
    Note : L’accès à l’Horloge Astronomique se fait généralement entre 11h30 et 12h30 (entrée payante).
  • Le musée de l’Œuvre Notre-Dame sera ouvert le mercredi 1er avril de 10h à 13h et de 14h à 18h.
  • Vendredi Saint (3 avril 2026) : Les musées sont fermés (comme c’est la tradition pour les musées municipaux de Strasbourg ce jour-là).
  • Le Vendredi Saint, la cathédrale est en principe fermée aux visites touristiques toute la journée en raison des offices liturgiques (Chemin de Croix, Office de la Passion). Cela ne change pas notre programme puisque vous serez à ND de Dusenbach.
  • Dimanche de Pâques (5 avril 2026) : Les visites de la cathédrale ne sont autorisées que l’après-midi, de 14h00 à 17h15, une fois les grandes messes pontificales terminées.

Se rendre de la région de Riquewihr à Strasbourg : Voiture + Tram

Pour votre escapade à Strasbourg, nous vous recommandons vivement d’oublier la voiture au profit d’une approche plus zen, afin de profiter pleinement des musées et de la cathédrale.

L’option P+R Baggersee (Le compromis voiture + tram) : Si vous préférez rester mobiles en voiture, ne tentez pas d’entrer dans le centre-ville. Visez le Parking Relais (P+R) Baggersee (situé au sud de Strasbourg, sortie Illkirch-Baggersee). Le principe : Pour un prix forfaitaire très avantageux (quelques euros pour la journée), vous garez votre véhicule et tous les passagers bénéficient d’un ticket de tram aller-retour.

Le trajet : La station de tram Baggersee (à noter pour le retour) est au bout du parking. Prenez la Ligne A (direction Parc des Sports) ou la Ligne E (direction Robertsau L’Escale). En moins de 15 minutes, vous descendez à la station « Porte de l’Hôpital » ou « Grand’Rue », à quelques pas seulement du Palais Rohan et de l’Œuvre Notre-Dame.

L’Œuvre Notre-Dame, la gardienne (presque) millénaire de la cathédrale

Si la Cathédrale de Strasbourg est toujours debout et aussi finement sculptée après huit siècles, ce n’est pas par miracle, mais grâce à la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame. Pour le visiteur, le nom « Œuvre Notre-Dame » évoque souvent uniquement le superbe musée attenant à la Cathédrale. Pourtant, c’est avant tout une institution vivante, presque millénaire, unique en son genre.

  • Une institution médiévale encore active : Créée au XIIIe siècle (vers 1246), elle a pour mission exclusive de gérer les fonds, de construire, puis d’entretenir la Cathédrale. C’est l’une des plus anciennes institutions d’Europe à n’avoir jamais cessé son activité.
  • Un pouvoir laïc : Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’Œuvre Notre-Dame ne dépend pas de l’Évêque, mais de la Ville de Strasbourg. Depuis le Moyen Âge, ce sont les citoyens (via la municipalité) qui veillent sur leur cathédrale. C’est une particularité strasbourgeoise très forte.
  • Les Gardiens du Savoir-Faire : Aujourd’hui encore, la Fondation emploie ses propres tailleurs de pierre, sculpteurs, appareilleurs et forgerons. Ils travaillent dans des ateliers situés juste derrière la cathédrale, utilisant les mêmes gestes et souvent les mêmes outils qu’au temps des bâtisseurs.
  • Un Patrimoine immatériel : Le savoir-faire des « Bauhütten » (les loges de bâtisseurs dont l’Œuvre Notre-Dame est l’héritière) est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Jeudi Saint, 2 avril 2026 |
L’antique tradition du « Jeudi Vert »

Le Jeudi Saint ouvre le Triduum Pascal dans une atmosphère singulière. En Alsace, cette journée est marquée par la tradition du Jeudi Vert. Ce nom, issu du haut-allemand grînan (pleurer) mais rapidement associé à la couleur de l’espoir et du renouveau, impose une coutume culinaire encore assez vivace : la consommation d’aliments exclusivement verts.

C’est le jour où l’on purifie son corps avant le deuil du Vendredi Saint. On prépare la célèbre soupe aux neuf herbes (ortie, ail des ours, pissenlit, etc.) ou le traditionnel plat d’épinards frais accompagnés d’œufs, symboles de vie. Pour nos visiteurs qui séjournent dans nos gîtes à Riquewihr, c’est une invitation à se reconnecter aux cycles de la nature qui s’éveille dans le vignoble.

Le Triduum Pascal : petit mémo pour tout comprendre…

Si vous entendez parler de « Triduum Pascal », ne cherchez pas midi à quatorze heures ! C’est simplement le nom latin pour désigner les trois jours qui forment le cœur de la Semaine Sainte. C’est une sorte de grand film en trois actes qui nous mène de l’ombre à la lumière. Voici un résumé du « scénario »:

  • Acte 1 : Le Jeudi Saint (Le Partage)
    On célèbre le dernier repas de Jésus avec ses disciples. On commémore le dernier repas (la Cène). C’est le moment de l’institution de l’Eucharistie et du geste d’humilité (le lavement des pieds). En Alsace, c’est le fameux Jeudi Vert. L’ambiance est encore à la convivialité et aux préparatifs.
  • Acte 2 : Le Vendredi Saint (Le Silence)
    Un jour de deuil, de jeûne et de recueillement absolu qui commémore la Passion et la mort du Christ. C’est le seul jour de l’année où il n’y a pas de messe, mais un simple service de recueillement. À Notre-Dame de Dusenbach (voir le programme du Vendredi Saint ci-dessous), le silence de la forêt accompagne ce moment. C’est un jour férié en Alsace: le temps semble s’arrêter, les cloches se taisent (elles sont remplacées par les crécelles, voir mon reportage dans le village voisin de Kientzheim) et la nature prend le relais du sacré.
  • Acte 3 : Le Dimanche de Pâques (La Vie)
    L’explosion de joie ! On célèbre la Résurrection. Après le grand vide du Samedi Saint (jour d’attente), la fête explose durant la nuit, au cours de la veillée. C’est la célébration de la Résurrection. On rallume les cierges, on fait sonner les cloches (qui reviennent de Rome !). Les enfants courent dans les jardins à la recherche des œufs déposés dans les nids par le Oschterhaas (le lièvre de Pâques). Les cuisines alsaciennes regorgent de gourmandises et on passe enfin à table!

La plaine du Rhin : L’alchimie fertile du Ried

Si le Jeudi Vert a une telle résonance ici, c’est que notre terroir est une bénédiction géologique. Entre les sommets vosgiens et le Rhin, la plaine d’Alsace, et particulièrement la zone du Ried, constitue l’un des sols les plus riches d’Europe.

Cette fertilité exceptionnelle provient d’une superposition millénaire : les alluvions fertiles déposées par les divagations de l’Ill et du Rhin, mêlées au lœss, ce limon fin apporté par les vents de l’ère glaciaire. Ce mélange offre une terre profonde, minérale et naturellement irriguée par la nappe phréatique rhénane. C’est ce «réservoir de vie» qui permet l’éclosion précoce des herbes potagères et des légumes primeurs indispensables à la table pascale.

Barques à fond plat des bateliers de Colmar chargées de légumes frais sur l'Ill à Sélestat, reconstituant le transport fluvial historique des maraîchers alsaciens vers les marchés de Strasbourg.
Comme autrefois : à l’occasion d’un événement dédié aux légumes d’Alsace, les bateliers de Colmar redonnent vie au transport des légumes du Ried. Jadis, les maraîchers de Colmar et Sélestat acheminaient leurs récoltes par voie d’eau jusqu’à Strasbourg.

À Sélestat : 7 siècles de maraîchage…

Cagettes de légumes verts frais (épinards, poireaux, herbes) produits par le maraîcher Denis Digel à Sélestat, présentés au magasin Le P'Tit Marché Paysan pour la tradition du Jeudi Vert en Alsace.
Du champ à l’étal : la fraîcheur absolue des légumes de Denis Digel (Sélestat) en vente au magasin de proximité « Le P’Tit Marché Paysan ».

À quelques minutes de Riquewihr, Sélestat est connue pour ses fruits et légumes. Depuis le Moyen Âge, les maraîchers exploitent ces terres alluviales quadrillées de fossés. C’est ici que la tradition rencontre la passion. Traditionnellement, on cultivait des choux, des pois, des haricots, des lentilles, des salades, des navets, des radis, des oignons, et aussi différentes sortes de fruits. Au XVIe siècle, des plantes comestibles inconnues apparaissent: la pomme de terre, le maïs et la tomate.

Faire son Marché : Le Succès du Circuit Court

Pour garnir le panier de votre gîte et cuisiner vos propres épinards frais, plusieurs initiatives locales font référence. Le succès de ces circuits courts repose sur une promesse simple : la transparence totale du champ à l’assiette, garantissant une fraîcheur absolue et une juste rémunération de ceux qui façonnent nos paysages.
C’est vrai, une salade coupée le jour même donne plus envie qu’une salade coupée la semaine dernière !

Bonnes adresses pour de bons produits

Votre camp de base aux Gîtes des Remparts de Riquewihr.

Le Jeudi Vert à la Table des Chefs

Si vous préférez mettre les pieds sous la table, le Jeudi Vert peut aussi se vivre à la table d’un restaurant ou d’une taverne alsacienne. Il suffit de choisir un menu ou un plat végétarien.

La Table du Gourmet – Jean-Luc Brendel (Riquewihr)

Ici, l’Étoile Verte Michelin prend tout son sens. Mon ami Jean-Luc Brendel sublime le végétal grâce à son incroyable jardin du Kobelsberg. Sur les hauteurs du village, ses 7 000 m² de cultures fournissent des légumes oubliés et des herbes rares. La cuisine de La Table du Gourmet est une poésie de l’instant, idéale pour vivre un Jeudi Saint gastronomique en harmonie avec la terre.

Vue aérienne du jardin du Kobelsberg à Riquewihr, potager en permaculture du chef Jean-Luc Brendel (La Table du Gourmet), cultivant légumes oubliés et herbes aromatiques pour une gastronomie étoilée verte.
Le jardin du Kobelsberg vu du ciel : 7 000 m² de biodiversité où Jean-Luc Brendel puise l’inspiration de ses créations tout au long de l’année.

Votre camp de base aux Gîtes des Remparts de Riquewihr.

Création gastronomique de Jean-Luc Brendel: plat composé de nuances de verts mariant brocolis, kiwi et oca du Pérou, servi à La Table du Gourmet à Riquewihr.
À la Table du Gourmet, point de menu de circonstance. Cette « Complicité improbable » (brocoli, kiwi, oca) illustre la philosophie permanente de Jean-Luc Brendel : une quête chromatique et gustative où le vert est roi en toute saison. Le Jeudi Saint devient alors le moment idéal pour découvrir cette cuisine qui honore la nature bien au-delà des traditions liées au calendrier.

Jean-Luc Brendel – La Table du Gourmet à Riquewihr – n’a pas besoin de créer un menu spécial pour le Jeudi Vert, car sa cuisine est, par essence, une célébration du vivant et du végétal 365 jours par an.

Adresses d’excellentes « Winstub » à Riquewihr

Tarte flambée végétarienne généreusement garnie de légumes de saison colorés, servie à la Brendelstub, la winstub de Jean-Luc Brendel à Riquewihr.
La tradition se fait gourmande à la Brendelstub: une tarte flambée aux couleurs du jardin, idéale pour un déjeuner de Jeudi Vert en toute convivialité. Cette tarte flambée végétarienne est la preuve que l’on peut respecter la coutume du « manger vert » (ou coloré et végétal) tout en restant dans le plaisir populaire alsacien.

Vendredi Saint en Alsace |
Le Temps du Grand Silence et du Sacré

Le Vendredi Saint est le jour de deuil, de jeûne et de recueillement absolu qui commémore la Passion et la mort du Christ. C’est le seul jour de l’année où il n’y a pas de messe, mais un simple service de recueillement. En Alsace, cette journée est unique en France : c’est un jour férié (droit local, héritage du Concordat) où le temps semble véritablement suspendu. À Notre-Dame de Dusenbach (voir le programme du Vendredi Saint ci-dessous), le silence de la forêt accompagne ce moment. C’est un jour férié en Alsace: le temps semble s’arrêter, les cloches se taisent (elles sont remplacées par les crécelles, voir mon reportage dans le village voisin de Kientzheim) et la nature prend le relais du sacré.

Le Grand Voyage des cloches : De l’Alsace au Vatican de Rome

Le voyage des cloches à Rome est l’une des légendes les plus charmantes et les plus mystérieuses de notre patrimoine. Elle explique de façon poétique un silence liturgique qui, sans elle, pourrait paraître bien lourd pour les enfants.

Voici le « carnet de voyage » de nos cloches alsaciennes pour ceux qui se demandent pourquoi le ciel de Riquewihr et des villages alentour devient soudainement muet.

Le Jeudi Saint, pour la messe du soir (la Cène), les cloches sonnent une dernière fois à toute volée, puis elles s’arrêtent. On dit alors aux enfants qu’elles «partent à Rome».

  • Pourquoi Rome ? Parce que c’est le cœur de la chrétienté. La légende raconte qu’elles s’envolent vers le Vatican pour recevoir la bénédiction du Pape et se recueillir sur le tombeau de Saint-Pierre.
  • La mission secrète des cloches : Elles ne rentrent pas les mains (ou les battants) vides ! En revenant de Rome pour fêter la Résurrection, elles rapportent des œufs en chocolat et des gourmandises qu’elles sèment dans les jardins et les vignes en survolant l’Alsace.

La Réalité derrière la Légende : Le Signe du Deuil

Sur un plan plus symbolique et historique, ce silence a une fonction précise :

  • La voix de Dieu se tait : Les cloches sont considérées comme la « voix de Dieu » ou l’appel à la joie. Le Vendredi Saint étant le jour de la mort du Christ, l’Église marque son deuil en supprimant tout ce qui est mélodique ou festif.
  • Le dépouillement : On n’utilise plus d’orgue, plus de chant joyeux, et donc plus de cloches. Le silence devient un espace de recueillement.

Votre camp de base aux Remparts de Riquewihr pour vivre les traditions de la Semaine Sainte en Alsace.

Une procession de jeunes de Kientzheim défilant dans une rue médiévale pavée avec des maisons à colombages, tenant et faisant tourner des crécelles en bois (instruments de Ratsche). L’atmosphère est concentrée et traditionnelle, illustrant la coutume alsacienne du Vendredi Saint.
Dans la tradition chrétienne, le Jeudi saint, après le repas avec ses disciples, Jésus est arrêté au jardin des oliviers. Tout s’arrête. Les cloches s’enfuient à Rome! Mais, à une époque où les montres au poignet et encore moins les smartphones n’existaient pas, il fallait quand même donner les heures de prière aux paroissiens: 6 heures (Angelus du matin), midi et 18 heures (Angelus du soir) ! Dès le Moyen-Âge, on a eu recours à divers instruments en bois pour faire du bruit. La crécelle est l’instrument le plus connu mais selon le village, la forme et le fonctionnement de l’instrument peut être différent, pourvu qu’il fasse le plus de bruit possible ! Quand j’étais gamin, nous avions un gros coffret en bois sur lequel frappaient plusieurs marteaux actionnés par une manivelle. À Kientzheim, il s’agit de deux lamelles de châtaignier qui viennent frapper un moyeu en houx actionné par une manivelle. Une grosse crécelle double en quelque sorte.

Kientzheim : Quand le bois des crécelles remplace le bronze des cloches

Puisque les cloches sont silencieuses, il faut bien continuer à appeler les fidèles aux offices. C’est ici qu’intervient une tradition séculaire particulièrement vivante à Kientzheim : les crécelles (Ratsche en alsacien).

Comme les cloches ne sont plus là pour sonner les heures ou appeler aux offices, il a fallu trouver une solution technique. C’est là que la tradition devient bruyante et joyeuse. Elle est encore bien vivante à Kientzheim, joli village d’Alsace voisin de Riquewihr.

Rendez-vous à Kientzheim le Vendredi et le Samedi Saint pour vivre la tradition des crécelles

Si la tradition perdure dans plusieurs villages, elle est particulièrement vivante à Kientzheim, village voisin de Riquewihr.

Pendant deux jours, le Vendredi Saint et le Samedi Saint, le silence du deuil est brisé à plusieurs reprises. 

  • Le Rituel : Les enfants et les jeunes du village se rassemblent à l’entrée ouest du village, côté Kaysersberg. Munis de leurs crécelles, ils parcourent les ruelles pavées de Kientzheim.
  • Horaires : vendredi et Samedi Saint.
    Départs à 6 heures, midi et 18 heures. Vous pourrez ensuite les croiser en chemin, à travers les rues du village.

Le Chemin de Croix du Vendredi Saint à Notre-Dame de Dusenbach, dans le Grand Silence de la Forêt

Après le fracas des crécelles de Kientzheim, le Vendredi Saint entre dans une phase plus profonde : celle du dépouillement et du silence. En ce jour de commémoration de la Crucifixion de Jésus, l’Alsace se fige (le Vendredi Saint est un jour férié chez nous). Pour vivre cette transition spirituelle, je vous propose de quitter l’effervescence des villages pour rejoindre le vallon de Notre-Dame de Dusenbach. Niché dans une gorge forestière étroite au-dessus de Ribeauvillé, ce haut lieu du patrimoine religieux alsacien offre un cadre exceptionnel où la nature sauvage et l’art sacré ne font qu’un, à l’abri des regards et du monde.

Notre-Dame de Dusenbach, un Sanctuaire Historique taillé dans le Grès Rose des Vosges

Vue du sanctuaire de Notre-Dame de Dusenbach niché au creux d'un vallon étroit et boisé près de Ribeauvillé, entouré d'une forêt dense de sapins et de pins dans le massif des Vosges.
Le sanctuaire de Notre-Dame de Dusenbach, joyau de grès rose et de foi, niché au creux de son écrin de forêt vosgienne dense et protectrice, près de Ribeauvillé.

« Le Dusenbach » (comme on dit par chez nous) n’est pas un simple lieu de culte, c’est un véritable haut-lieu historique de la foi en Alsace. Fondé au XIIIe siècle par Egelolphe de Ribeaupierre à son retour de Terre Sainte, le sanctuaire est devenu au fil des siècles l’un des pèlerinages les plus fréquentés de la région. L’architecture des trois chapelles, littéralement incrustées dans la roche mère, témoigne de l’obstination des bâtisseurs médiévaux. Ici, le grès rose des Vosges émerge de la mousse et des fougères, créant un contraste chromatique saisissant qui attire autant les pèlerins que les randonneurs en quête d’authenticité.

Votre camp de base aux Remparts de Riquewihr pour vivre les traditions de la Semaine Sainte en Alsace.

Détail d'une fresque contemporaine (2021) d'Antoine Helbert au sanctuaire de Dusenbach, réalisée selon les codes de l'enluminure romane du XIIe siècle (Hortus Deliciarum). La scène représente la rencontre entre le Sire de Ribeaupierre et l'ermite du vallon.
Détail d’une fresque contemporaine (2021) d’Antoine Helbert à l’entrée du sanctuaire de Dusenbach, réalisée selon les codes de l’enluminure romane du XIIe siècle (Hortus Deliciarum). La scène représente la rencontre entre le Sire de Ribeaupierre et l’ermite du vallon.
Détail d'une fresque d'Antoine Helbert (2021) au sanctuaire de Dusenbach à Ribeauvillé. L'œuvre illustre les bâtisseurs médiévaux (maçons, tailleurs de pierre, engins de levage) dans le style de l'Hortus Deliciarum, symbolisant les reconstructions successives du site après les destructions historiques.
Fresque d’Antoine Helbert (2021). L’œuvre rend hommage aux bâtisseurs médiévaux (maçons, tailleurs de pierre, engins de levage) dans le style du célèbre manuscrit médiéval de l’Hortus Deliciarum. Plusieurs fois détruit et reconstruit, du XIIIe siècle à nos jours, ND de Dusenbach a été relevée de ses ruines. Détruit en 1360 par les bandes de mercenaires, dévasté par les Suédois durant la guerre de Trente Ans, puis rasé à la Révolution française, le sanctuaire a toujours vu son « écrin » de forêt s’ouvrir à nouveau pour laisser place à la reconstruction et à la ferveur.

Sur le Chemin de Croix du Vendredi Saint vers le sanctuaire de Notre-Dame de Dusenbach

Si vous n’êtes pas familier avec les traditions chrétiennes, imaginez le Chemin de Croix comme un « storyboard » gravé dans la pierre.

  • Le concept : C’est une déambulation qui retrace les dernières heures de la vie de Jésus, de sa condamnation à mort jusqu’à sa mise au tombeau. C’est un rite qui permet de revivre « pas à pas » ce que les croyants appellent la Passion.
  • Les Stations : Le parcours est toujours divisé en 14 étapes, appelées « stations ». À chaque station, on s’arrête devant un monument, une sculpture ou une peinture qui illustre un moment précis du récit (une chute, une rencontre, un dialogue).
  • Pourquoi marcher ? Le Chemin de Croix est une prière qui engage le corps. À Dusenbach, la pente est raide : l’effort physique de la montée aide à ressentir symboliquement la difficulté du chemin parcouru par le Christ.

Pour le visiteur d’aujourd’hui, c’est aussi une magnifique leçon d’art narratif : comment raconter une histoire complexe à travers une série de tableaux disposés dans la nature.

Sur le Chemin de Croix du Vendredi Saint vers le sanctuaire de Notre-Dame de Dusenbach

Le point d’orgue du Vendredi Saint à Dusenbach est son Chemin de Croix en plein air, l’un des plus impressionnants du massif vosgien. A l’heure où le soleil commence sa lente descente derrière les crêtes vosgiennes, le vallon de  Notre-Dame de Dusenbach devient le théâtre d’un rituel immuable. Ici, la dévotion se vit par la prière et par l’effort de la marche, rappelant la montée du Christ vers le Calvaire.

Rendez-vous à 15 heures, au pied du sentier

Pour vivre ce moment de recueillement très populaire avec les pèlerins et les habitants de la région, voici quelques informations pratiques :

  • Heure : 15h00 précises (l’heure symbolique de la mort du Christ). 
    N’arrivez pas à la dernière minute, sinon vous ne pourrez plus vous garer le long de la route qui mène de Ribeauvillé à Sainte-Marie-aux-Mines. 
  • Lieu de rassemblement : Tout en bas du vallon, devant la Station n°1 (là où commence la montée).
  • Déroulement : Dirigé par Frère Joseph, le groupe des pèlerins monte lentement, s’arrêtant devant chaque monument pour un temps de lecture et de silence.

L’Office de la Passion : Au cœur de l’église

Une fois le sommet atteint et la dernière station de bois et de pierre passée, tout le monde se retrouve à l’intérieur de l’église du sanctuaire. C’est là que se déroule l’Office de la Passion. Les chants et les lectures marquent la fin de cette après-midi de commémoration de la crucifixion de Jésus.

Samedi Saint | Fribourg-en-Brisgau, la Perle de la Forêt-Noire

En attendant le dimanche de Pâques, je vous propose de franchir le Rhin pour une journée de découverte en Allemagne, à Fribourg-en-Brisgau, au pied de la Forêt-Noire.

Pour cette journée de transition, je vous invite à vivre une expérience transfrontalière. En Alsace, le Rhin n’est pas une frontière, c’est un trait d’union. Direction Fribourg-en-Brisgau, la perle de la Forêt-Noire, pour un Samedi Saint placé sous le signe de la lumière, de l’art et des fleurs.

Au Marché de la Cathédrale de Fribourg: L’Éclosion du Printemps

Etal de fleuriste coloré sur le marché de la place de la Cathédrale (Münsterplatz) à Fribourg-en-Brisgau. Des bouquets de tulipes, jonquilles et fleurs printanières sont disposés au pied des murs de grès rouge du Münster.
Sur le marché de Fribourg (Freiburg-im-Breisgau), les fleuristes célèbrent le retour de la lumière avec des brassées de couleurs, offrant un contraste saisissant avec la pierre séculaire de la cathédrale.

Dès le matin, la place de la Cathédrale (Münsterplatz) s’anime d’un spectacle sensoriel unique. Le Münstermarkt est l’un des plus beaux marchés de plein air d’Europe.

  • Couleurs et Saveurs : Les étals des fermiers locaux et des marchands de fleurs s’installent au pied des contreforts gothiques. C’est ici que l’on salue véritablement la naissance du printemps : jonquilles, tulipes et premières herbes aromatiques créent un tapis coloré qui contraste avec le grès rouge de l’édifice.
  • Un Joyau Partagé : Levez les yeux vers la flèche de la Cathédrale. Ce chef-d’œuvre du gothique flamboyant est né du même génie créatif que les cathédrales de Strasbourg et de Bâle. On y retrouve ce savoir-faire unique des maîtres artisans du Rhin Supérieur, capables de transformer la pierre en dentelle.

Votre camp de base aux Remparts de Riquewihr pour vivre les traditions de la Semaine Sainte en Alsace.

La cathédrale de Fribourg: un Poème de Grès et de Lumière

Dominant la place du marché de sa silhouette altière, le Münster de Fribourg est bien plus qu’une église : c’est le cœur battant de la cité et l’un des plus beaux chefs-d’œuvre du gothique rhénan.

Une fois à l’intérieur, laissez votre regard s’élever. La haute nef impressionne par sa verticalité et sa légèreté.

  • L’Héritage des Maîtres : On sent ici le souffle des mêmes bâtisseurs qui ont façonné les cathédrales de Strasbourg et de Bâle. Ce « savoir-faire rhénan » se traduit par une dentelle de pierre où la lumière circule librement.
  • Le Chœur et son Déambulatoire : En faisant le tour du chœur, vous découvrirez une couronne de chapelles privées, véritables écrins pour des retables d’une finesse inouïe.
Photographie à l'intérieur de la cathédrale de Fribourg. Un couple d'admirateurs est en silhouette au premier plan, dans le chœur de la cathédrale. Ils contemplent le maître-autel de Hans Baldung Grien, qui est intensément éclairé au fond. L'ambiance est feutrée et contemplative.
L’Aura d’un Chef-d’œuvre. Seuls face à la lumière : un couple contemple le retable de Hans Baldung Grien dans le chœur de la cathédrale de Fribourg, dont l’éclat semble percer la pénombre séculaire du chœur. Un instant de grâce…
Intérieur de la cathédrale de Fribourg-en-Brisgau (Münster) montrant une chapelle du déambulatoire. La photo se concentre sur un autel orné d'un retable gothique en bois sculpté et polychrome, représentant une multitude de personnages colorés.
Dans l’ombre des chapelles du déambulatoire (à visiter absolument), le Münster de Fribourg cache des joyaux de la sculpture gothique tardive. Ce retable polychrome, véritable « storyboard » médiéval, s’anime sous la lumière du vitrail.

L’Augustiner Museum:
Un Trésor au pied de la Forêt-Noire

L’Augustiner Museum est souvent cité comme l’un des plus impressionnants d’Allemagne, et pour cause : il réussit le tour de force de faire dialoguer la pierre médiévale avec une architecture contemporaine d’une légèreté absolue.

  • Une Profusion de Chefs-d’œuvre : Des prophètes de pierre originaux, descendus de la flèche de la cathédrale pour être mis à l’abri, aux retables d’une finesse d’orfèvre, chaque salle est une redécouverte. La collection de peintures et sculptures du Moyen Âge et de la Renaissance est tout simplement l’une des plus riches du Rhin Supérieur.
  • L’Art en Pleine Lumière : Ce qui rend la visite inoubliable, c’est cette mise en scène baignée de lumière naturelle. Les œuvres semblent reprendre vie sous vos yeux, révélant des détails de polychromie et de ciselure que seule la proximité d’un musée permet d’apprécier.
  • Un Voyage dans l’Histoire de l’Art Rhénan: Entre les maîtres de Cologne, les influences flamandes et le génie local, le musée offre une lecture limpide de cette époque où l’art était le langage universel reliant Fribourg, Strasbourg et Bâle.
Vue de la salle principale de l'Augustiner Museum à Fribourg montrant le Palmesel (âne de procession) sur son chariot, entouré du retable de la Vierge et de sculptures médiévales polychromes.

Le « Palmesel »: La Tradition en Mouvement

Au cœur de la salle des chefs-d’œuvre, une pièce attire immédiatement le regard : le Palmesel (l’âne des Rameaux) monté sur son chariot.

  • L’œuvre : Cette sculpture grandeur nature, utilisée autrefois lors des processions du dimanche des Rameaux, témoigne d’une volonté médiévale de rendre le récit biblique tangible et vivant pour la foule.
  • Le contexte : Il trône au milieu d’autres trésors, comme le Retable de la vie de la Vierge ou la scène poignante de Jésus au Mont des Oliviers. Dans ce volume majestueux, ces sculptures polychromes semblent prêtes à reprendre leur marche, entourées par la ferveur silencieuse des siècles.


Peinture médiévale tardive de la Crucifixion par Bartholomäus Braun (1590), conservée à l'Augustiner Museum. Détails des visages et influence des Pays-Bas. Provenance : chapelle du Basler Hof, Fribourg.

La Crucifixion de Bartholomäus Braun: L’Excellence Rhénane

Dans le déambulatoire du musée, une œuvre s’impose par sa précision dramatique : la Crucifixion de Bartholomäus Braun.

  • L’histoire : Originaire de Cologne et formé à l’école rigoureuse des Pays-Bas, Braun s’installe à Fribourg en 1590. Il réalise ce panneau pour la chapelle du Basler Hof, le palais qui abritait alors le chapitre de la cathédrale de Bâle en exil.
  • Le style : On y retrouve toute l’influence flamande dans le rendu des matières et l’expressivité des visages. C’est un témoignage historique majeur de l’époque où Fribourg devint le refuge du catholicisme rhénan face à la Réforme bâloise.


Dimanche de Pâques à Riquewihr | la Lumière & le Partage

Le Dimanche de Pâques à Riquewihr ne commence pas sous les voûtes d’une église, mais sur les sentiers qui serpentent dans les vignes, au-dessus du village. C’est un moment suspendu, entre terre et ciel, où la nature devient le plus beau des temples. Pour clore ce cheminement de la Semaine Sainte, je vous propose de découvrir en images un moment des plus émouvants de la vie de notre village : la Vigile Pascale.

Cette marche de méditation n’est pas réservée aux seuls habitants de Riquewihr ; elle est une main tendue, une invitation ouverte à toute personne que cette démarche spirituelle et humaine intéresse, quelles que soient ses convictions. C’est un temps de partage simple, authentique, où le silence et le chant accompagnent l’éveil de la Création.

« Il faut et il suffit » — comme diraient les mathématiciens pour qui la rigueur n’exclut pas la poésie — d’être au rendez-vous sur la Place des Charpentiers (à la sortie ouest des remparts) avant 6 heures du matin le jour de Pâques.

Laissez-vous porter par ces quelques minutes de vidéo (pensez à basculer votre smartphone en position horizontale) et imaginez-vous là, avec nous, marchant dans la fraîcheur du vignoble, au matin de Pâques, vers le premier cri du soleil.


Le Lammala : L’Agneau de Pâques

Symbole de pureté et gourmandise absolue du petit-déjeuner pascal, ce petit agneau biscuité saupoudré de sucre glace est une institution. Qu’il soit nature ou paré d’un ruban, il raconte à lui seul tout l’art de vivre du printemps en Alsace. Découvrez pourquoi ce biscuit traditionnel, notamment celui de notre boulanger Thierry, est le cœur de nos tablées festives.

[ Tout savoir sur la tradition du Lammala]

L’Oschtahaas : Le Lièvre de Pâques

Bien avant le passage des cloches, c’est lui qui s’aventure discrètement dans l’herbe tendre des jardins. Personnage central des légendes rhénanes, le lièvre de Pâques prépare ses nids chocolatés pour émerveiller les petits et les grands. Plongez dans l’histoire de ce visiteur matinal qui fait vibrer l’imaginaire alsacien depuis des siècles.

[ Plongez dans la légende de l’Oschtahaas]

Votre camp de base aux Gîtes des Remparts de Riquewihr.

Pour vivre cet itinéraire de la Semaine Sainte de et en faire un séjour inoubliable, découvrez nos gîtes d’exception à Riquewihr et à La Vancelle, au cœur de l’Alsace.